Expérimentation artistique et production des savoirs

Afin de suivre au plus près l’évolution des pratiques artistiques et la diversité des acteurs qui entourent les artistes et les œuvres, le Grand Café met en place à partir de 2015 des dispositifs de soutien à la recherche artistique et à la recherche théorique.

La recherche-action

En tant que lieu consacré à l’expérimentation artistique, au renouvellement des formes et des esthétiques, le Grand Café s’engage aux côtés de deux Ecoles supérieures d’art françaises et européennes sur le terrain de la recherche-action à travers deux plateformes qui réunissent différents acteurs de l’archipel professionnel de la création : artistes, étudiants en post-diplômes, commissaires d’exposition, scientifiques, entreprises…

  • De la Petite Californie bretonne à Marfa, Texas

L’Ecole Supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole (ESBANM) se mobilise sur des questions liées à la frontière, le post-colonialisme, le territoire et le paysage à travers des programmes de recherche tels que « Border art research », « Pensées archipéliques » ou « Fieldwork Marfa ».

En qualité de lieu de diffusion et d’acteur inscrit sur un territoire et ouvert de longue date à ces questionnements, le Grand Café trouve naturellement sa place dans une communauté de recherche qui se saisit de ces problématiques.

Marfa, petite ville de 2000 habitants située au coeur du désert du Texas occidental est un lieu de croisement de nombreuses problématiques artistiques, géopolitiques, esthétiques et écologiques contemporaines.
Depuis 2011, deux écoles d’art européennes, les Beaux-arts de Nantes (L’ESBAMN) et la HEAD à Genève développent à Marfa un programme de résidence et de recherche consacré aux approches critiques du paysage et de la sphère publique (espace public, art /architecture), à la question des frontières et aux projets esthétiques fondés sur des méthodes d’enquête de terrain. Ce dispositif international s’adresse aux artistes, aux curateurs et aux chercheurs émergents issus de tous horizons.
La résidence de recherche Fieldwork Marfa offre en particulier la possibilité au Grand Café de développer ses liens avec les acteurs artistiques du Mexique mais aussi de repenser depuis l’Outre-Atlantique certaines problématiques communes aux deux villes telles que le rapport à l’Histoire (la guerre), la figure du pionnier, les récits et les mythes, l’utopie, la modernité, l’immensité des paysages, la frontière, l’éloignement, le vide… (l’ailleurs)

Ce jeu spéculaire entre Saint-Nazaire autrefois dénommée La Petite Californie bretonne et Marfa, Texas s’incarne à travers un nouveau dispositif de résidence croisée (Saint-Nazaire/Marfa) mis en place en 2015 pour l’un des six résidents sélectionnés dans le programme Fieldwork.
D’avril 2015 à juin 2016, le jeune artiste franco-colombien Marcos Avila Forero séjournera à Saint-Nazaire afin d’y développer une recherche qu’il poursuivra à Marfa en 2016.
Plus en savoir plus

  • B.O.A.T® – Boat Of Artistic Research Trip

B.O.A.T.® est un navire de recherche artistique et pédagogique conçu comme un atelier mobile et permettant la rencontre avec de nouveaux territoires, cultures et disciplines. Cette plateforme de travail est initiée par trois artistes enseignants de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne : Nicolas Floc’h (artiste), Erwan Mével (designer) et Jocelyn Cottencin (artiste et graphiste). Elle permet de confronter de jeunes étudiants en art à une autre réalité que celle de l’atelier, en embarquant sur le Grand Largue, navire de 16 mètres réhabilité pour un voyage autour de la Manche, le long des côtes françaises et jusqu’au sud de l’Angleterre.

En septembre 2015, B.O.A.T.® fera escale dans le port de Saint-Nazaire pour un séjour de plus d'un mois qui sera l’occasion de découvrir le territoire à travers une série de rencontres et de workshop réalisés à bord, au centre d’art, dans la ville, avec les entreprises…
À travers l’expérience de la navigation et du voyage, les acteurs de B.O.A.T.® multiplient les contextes de travail et de collaboration artistique.
Pour en savoir plus

La recherche théorique

Parce que les recherches en histoire de l’art s’effectuent sans moyen et dans une grande solitude pour ceux qui les conduisent, le Grand Café met en place un dispositif de soutien aux doctorants en histoire de l’art contemporain.
Cet accompagnement, d’une durée de deux ans minimum, pourra prendre la forme d’une aide concrète comme l’accueil en résidence à Saint-Nazaire pour pouvoir y mener des recherches et des temps d’écriture, des aides à la mobilité pour effectuer des déplacements nécessaires à la poursuite de la thèse, et/ou l’attribution d’une « bourse » annuelle.
Le sujet de thèse accompagné s’inscrit dans les problématiques et réflexions portées par le projet artistique générique et spécifique développé par le Grand Café.
Régulièrement, le chercheur lauréat concevra, en lien étroit avec l’équipe du Grand Café, un ou plusieurs temps de diffusion /restitution de ses recherches soit à destination d’un large public, soit à destination de publics initiés dans le cadre par exemple de journées d’étude, de séminaires, de publications, de rencontres…

En 2015-2016, le projet accompagné est celui de Marie-Laure Viale, doctorante en Histoire de l’art contemporain. Sa thèse porte sur "Le 1% et l'architecture scolaire de 1951 à 2013 : une histoire croisée des politiques culturelles et architecturales, et de l'évolution de l'art dans son rapport au spectateur."
En 1951, la politique du 1% a donné lieu à la production d'œuvres d'art dans le cadre de la construction d'établissements scolaires. Ces œuvres se sont inscrites d'une part, dans le contexte de la Reconstruction et de la construction en série des établissements scolaires, et d'autre part, dans un contexte artistique de dialogue et d’intégration des arts à l’architecture, voire de synthèse des arts. La création et la réalisation d'œuvres en collaboration entre architecte et artiste avec une adresse élargie à l'ensemble de la population s'inscrit dans un discours idéologique partagé par l'éducation, l'architecture et les beaux-arts mis en place pendant l'entre-deux-guerres.
La situation et l'évaluation de ces œuvres intéressent aujourd'hui les chercheurs, ce dont témoignent les ouvrages du sociologue Yves Aguilar, de l'architecte et docteur en esthétique Martine Bouchier, ainsi que les commandes publiques d'études telles que celle confiée à Thierry Dufrêne, historien de l'art. L'opinion générale sur les œuvres du 1% est négative et les ouvrages d'Aguilar et Bouchier ont accentué cette appréciation, le premier en déclarant le 1%, art officiel, et la seconde, en affirmant l'impossibilité de l'architecture et l'art à œuvrer en commun.
La thèse tentera par une analyse historique de relativiser cette image. Le 1% sera étudié selon trois axes et leurs interrelations : l'histoire de l'architecture scolaire et la préfabrication, les politiques culturelles de l'État et des collectivités locales, et la création artistique dans son rapport aux publics à travers l'évolution de la figure du spectateur. 

Galeries :

La recherche