EVENEMENT

Performance dansée d'Emmanuelle Huynh

Finissage de l’exposition
« Desert Stage » de Christian Hidaka
Dimanche 4 septembre 2016 - 15h

Dans le cadre de son exposition personnelle « Desert Stage », l’artiste Christian Hidaka invite performer, musicien et danseur à investir librement « la Scène vide » qu’il a imaginée pour les espaces du Grand Café. Pour le finissage de l’exposition, la chorégraphe Emmanuelle Huynh conçoit une nouvelle performance dansée qui, pour la première fois associe des enfants.

« L’invitation de Sophie Legrandjacques et de Christian Hidaka à performer dans « Desert Stage », l’exposition de Christian Hidaka au Grand Café - qui est aussi le titre d’un de ses tableaux- me plonge dans un monde connu et inconnu à la fois mais peut être pas là où l’on s’y attend : Arlequin, Auguste, Troubadour, scène de théâtre à l’italienne mais aussi de théâtre No, Geisha sont des vocabulaires familiers car je suis une enfant de la scène à l’italienne (ballet classique) et j’entretiens depuis 20 ans un rapport de proximité avec les arts de la scène traditionnelle au Japon, particulièrement le Bunraku (théâtre de marionnettes) qui est un dispositif théâtral des plus contemporains. La marionnette, les manipulateurs, le conteur, le joueur de shamisen co-agissent dans des espaces juxtaposés qui ont permis à Roland Barthes de qualifier ce théâtre d’oeuvre ouverte et donc moderne par excellence.
L’inconnu provient bien plutôt du montage singulier que Christian Hidaka fait de ces figures. L’intrication des multiples références à l’histoire de l’art (perspectives classique italienne, calligraphique chinoise, représentation pixelisée ou numérique) et les citations des artistes qui l’ont nourri (Picasso, Gris, Matisse, de Chirico) produisent une scène qui me happe, me déstabilise et m’autorise à la fois.
Pour la danseuse classique passée à la danse contemporaine, baignée des avant gardes américaines et nourrie par les arts de la scène asiatiques que je suis, le trajet de Hidaka est un trajet « frère » mais singulier et en ce sens inconnu.
Le métis anglo-japonais qu’il est projette sur sa scène la métisse franco-vietnamienne que je suis ! Je désire m’y aventurer en la prenant comme lieu d’exploration, d’expérimentation de mes propres enjeux et références.
Après notre rencontre en mai 2016, j’ai écrit à Christian Hidaka que sa peinture me faisait penser à la chambre de mes filles Céleste et Alba après qu’elles aient joué : légo, playmobil, figurines animales ou historiques, poupées Barbie, poupées américaines, japonaises, peluches, papiers et adhésifs aux motifs et couleurs divers envahissent à la fois les lits, les tapis et les murs.
Des visions opposées du corps et des relations se côtoient dans ces jeux, les sous espaces s’imbriquent entre eux mais la chambre enfantine combine toujours sa douceur et sa cruauté dans un apaisement final qui renvoie à un dénouement théâtral.
La performance déambulera du rez de chaussée au premier étage en proposant des saynètes, où enfants réels ou imaginaires, homme/femme chantés par la Trobairitz, animaux et créatures, citations de danses existantes ou créées pour la circonstance,
entreront en écho avec le théâtre écartelé entre Asie et Europe de Hidaka. »
Emmanuelle Huynh

Le designer sonore Matthieu Doze collaborera à la performance.
Avec Céleste Bizarro, Alba Bizarro, Imane Alguimaret et Emmanuelle Huynh.